Marlène Peyrutie a intégré l’équipe du projet Lemma le 1er décembre 2017 afin d’animer la composante 1, Migration de travail et mobilité professionnelle. Lors du 4ème Comité technique du projet, qui s’est tenu les 13 et 14 décembre 2017, l’experte a exposé la stratégie et les activités de déploiement de la composante 1, telles que définies en étroite collaboration avec les partenaires bénéficiaires. Le débat qui a suivi a révélé un intérêt particulier pour les activités de renforcement de l’offre de services à la mobilité internationale.

NL : Un volet important de la composante 1 porte sur la refonte de l’offre tunisienne de services à la mobilité internationale. Quelles sont les activités prévues ?
MP : Le travail que nous avons entamé avec nos partenaires tunisiens, le BEMOE, l’ANETI et l’ATCT, permettra de développer une offre de services davantage en adéquation avec les attentes des candidats tunisiens et des entreprises qui recrutent à l’international. Elle distingue trois étapes : celle du diagnostic de l’offre de services et des processus actuels, notamment à travers une enquête adressée à 120 référents des bureaux de l’emploi en Tunisie, celle de la redéfinition de l’offre de services et celle de l’expérimentation dans des bureaux pilotes. Le système validé et stabilisé sera ensuite généralisé par les agences sur l’ensemble de leurs bureaux.

NL : La composante intègre le renforcement de capacités des partenaires tunisiens, quelles actions concrètes seront mises en œuvre ?
MP : La généralisation et la pérennisation du système impliquent que les ressources humaines des bureaux, tant aux niveaux central et local, acquièrent de nouvelles approches et techniques et s’approprient l’offre rénovée de services. C’est pourquoi, la composante comprend des actions de formation de formateurs tunisiens. Ces actions traiteront des thématiques opérationnelles, dont notamment l’anticipation des besoins de compétences des entreprises à l’international. Sur ce point, il s’agira de faire évoluer les conseillers référents vers une approche des entreprises et des candidats qui soit davantage proactive, qu’ils adoptent une posture d’anticipation. Pour citer un exemple, les conseillers référents devront être en capacité de définir les actions de formation courtes que pourrait réaliser un candidat tunisien pour mieux se positionner sur une offre d’emploi à l’international.

NL : Quels seraient les facteurs clés de réussite de cette transformation ?
MP : J’en citerai trois qui me semblent essentiels.
Tout d’abord, le portage managérial, autrement dit, l’engagement de la Direction générale et de ses cadres dans la concrétisation du projet. De ce point de vue, il est entier.
Ensuite, une implication de l’ensemble des bureaux, à l’échelle nationale et locale. Cette démarche est indispensable à la réussite du processus de généralisation.
Enfin, la réalisation d’enquêtes après implémentation, auprès des conseillers référents et des candidats, afin de s’assurer de l’adéquation des services rendus à leurs attentes, mais aussi pour capitaliser sur ce retour d’expériences par des actions complémentaires.

NL : Le calendrier de réalisation des activités est ambitieux, pensez-vous avoir assez de temps pour le mettre en œuvre ?
MP : Oui, ce projet est ambitieux, mais réaliste et réalisable. Il existe une vraie volonté publique de faire et de réussir cette transformation. Nos partenaires sont pleinement engagés sur ce projet et nous pouvons d’ores et déjà envisager la généralisation de la nouvelle offre de services d’ici la fin de l’année 2018.

Propos recueillis par NL.

Mme Marlène Peyrutie & Mme Nassima Clerin